mercredi 29 avril 2026

le puits au fond du jardin • histoires de psychopathe…



 

Hier soir, quelques plus très jeunes nostalgiques de leur cour de récréation, se sont rassemblés sur un grand terrain pour taper dans un ballon. C’est mieux que de passe sa nuit au bar devant des pintes de bière. C’est mieux que de s’armer d’un couteau affûté pour poignarder les badauds qui ne font que passer. Ces nostalgiques ont toujours beaucoup de succès, surtout quad leur jeu puéril est diffusé - en direct - dans les télés qui engagent, moyennant rémunération, des spécialistes de la chose pour commenter. Ce que je vous dis est ce que mon poste m’a dit ce matin. Hier soir, neuf fois le ballon a déclenché le compteur des points marqués quand le gardien oublie de surveiller l’entrée. Et c’est là que commence la terreur. Sur ces neuf instants, les cinq fois où le compteur a été déclenché à droite puis à gauche, le commentateur a hurlé comme quand, sous l’inquisition, on découpait lentement à la scie égoïne les membres vivants des innocents et les quatre fois où le compteur a été déclenché à gauche puis à droite, il a poussé des grognements terrifiants comme Faffner le dragon qui voyait s’approcher le glaive de Siegfried qui allait le transpercer pour lui prendre l’anneau magique forgé avec l’or des filles du Rhin. Quand j’ai entendu tous ces cris de détresse, ce matin, dans mon poste, alors que je prenais ma chicorée avec mon pain de seigle beurré à vingt pour cent, je me suis dit que le commentateur était un grand malade psychique, parce que je n’arrive pas croire que la poussée d’un ballon par le bout d’un pied, puisse provoquer une telle émotion, une émotion plus forte que l’hallucination d’Isolde après la mort de Tristan, la guérison de la plaie d’Amfortas par la lance de Parsifal, l’arrivée de Lohengrin sur son cygne blanc, les retrouvaille de Simon Boccanégra et de Maria, sa fille perdue depuis de longues années, et la longue chevelure de Mélisande qui se reflète dans l’eau du puits. Je connais un grand psychanalyste qui disait à ses élèves : "Le monde est peuplé de psychopathes". Cela rejoint ce que j’écris chaque matin : les élections ont été inventées pour que les peuples psychopathes désignent les meilleurs d’entre eux.      


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