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mercredi 22 décembre 2021

vu à travers le tube • des fourbes à l’adolescent inabouti…

« Pas de consensus sur le pass au travail, donc éliminé du projet de loi… » a dit l’ado Attal. Ah les fourbes ! L’amendement des députés godillots crapauds rampants - et bavant - est déjà écrit noir sur blanc. Donc, le pass au travail, c’est comme si c’était fait.

 

Et comme chaque année, ces putains de Noël et du jour de l’An flanqués de leurs réveillons et de leurs océans de sucreries font leur apparition, s’installent et dirigent tout. Subitement, par un coup de baguette magique, tout le monde il est devenu gentil et con. Et dès le 2 janvier, tout le monde il va redevenir méchant et sadique. Qu’est-ce qu’on attend pour supprimer ces fêtes de débiles ? L’homme est vraiment un ignoble paillasson…  

 

Quand il ressort de la chambre rouge, Cooper n’est pas Cooper. Diane, qui n’était que la destinataire d’un dictaphone, prendra « corps » dans la troisième partie de l’histoire. Diane ne sera pas Diane. Elle sera dans le bureau du FBI pendant que son corps sera à plusieurs centaines de kilomètres dans le bureau du shérif. Et quand plus tard, à la toute fin qui n’est pas la fin, Cooper et Diane se (re)rencontreront, ils ne seront pas Cooper et Diane, mais Richard et Linda. Et pour conclure, Laura Palmer dont la mort a été effacée, ne sera pas Laura Palmer, mais Carrie Page. Cela devrait donner à réfléchir. Nous ne sommes jamais ce que nous sommes. Nous croyons être et nous ne sommes pas. Nous affirmons et nous ne savons pas. L’ignorance est le moteur choisi de la vie. Et pourtant… Il suffirait de pousser la porte de Freud pour y chercher son miroir, le découvrir, s’y regarder, s’y reconnaître et le traverser. Il suffirait… Il suffirait… Il suffirait…

 

Il suffirait aussi de ne pas désigner des adolescents inaboutis pour anéantir un pays. Il suffirait. Il suffirait aussi.

vendredi 29 octobre 2021

le puits au fond du jardin • qui est le rêveur ?



 

Il est dit qu’il y a un rêveur. Mais qui rêve ? Le plus évident serait de répondre Cooper, puisque c’est apparemment le personnage principal de la saison, dont on suit les élucubrations aussi molles que drolatiques dans le corps de Dougie et les accès de violence froide dans son doppelgänger maléfique. Notre attente ne se résume presque qu’à une seule chose : recoudre les deux morceaux, retrouver notre Cooper chéri, figure presque tutélaire, dont la permanence et la bienveillance amicale et rassurante nous touche au cœur. Et c’est d’ailleurs un moment de joie indescriptible qui nous assaille lorsqu’il reprend toute sa hardiesse. Mais Cooper se rendort et se réveille une dernière fois, sous les traits nouveaux d’un certain Richard, bouclant ainsi son propre arc narratif (il est dit au premier épisode par le Géant qu’il doit se rappeler de « Richard et Linda », Linda est en fait Diane, avec qui il a passé une dernière nuit d’amour). Pourtant, le mystère du dernier plan reste entier, l’horreur est à son apogée. Si ce n’est pas avec l’éveil de Cooper que s’arrête le récit, on peut donc légitimement affirmer que le rêveur dort encore. On pourrait s’employer à éliminer un par un chaque personnage, dont aucun ne laisse de témoignage satisfaisant sur sa nature.  

 

Il n’y a qu’un personnage qui n’existe pour ainsi dire pas dans tout le récit, c’est-à-dire qu’il n’intervient qu’à la marge (et c’est assez normal puisqu’il est prétendument mort) : Laura Palmer. La Femme à la Bûche appelle Hawk pour lui dire que le cercle est presque complet et que « Laura est l'unique »... Ou plutôt est-elle la seule à exister. 

Télérama

 

jeudi 22 juillet 2021

anniversaire • laura palmer aurait 49 ans aujourd’hui…

 


 

Laura Palmer était une jeune fille, lycéenne, très appréciée dans la ville de Twin Peaks. Elle est bénévole dans un service de repas à domicile ; très populaire dans son collège, elle est chouchoutée par ses parents, Sarah et Leland Palmer.

Au fil des années, une personnalité plus trouble se révèla : Laura menait une double vie. On apprend qu'elle était cocaïnomane, qu'elle a été victime d'abus sur mineur et qu'elle a brièvement travaillé au One Eyed Jack, maison de passe proche de la frontière canadienne. Officiellement en couple avec Bobby Briggs, elle a également eu une liaison secrète avec James Hurley, ainsi que des relations sexuelles avec plusieurs habitants de Twin Peaks tels que Benjamin Horne ou Leo Johnson.

Elle a été assassinée le 24 février 1989. Elle avait 17 ans.

mercredi 16 juin 2021

vu à travers le tube • solitude…

Cnews est en passe de devenir la première chaîne de l’info en continu… en termes d’audience évidemment. C’est la chaîne de Zemmour et aussi de Ferrari qui n’a pu « réussir », à mon sens, que par le 3e piston de la trompette ou du cornet à. C’est sans doute pourquoi, France Inter, ce matin et par la voix de son humoriste phare Vanhoenacker a encore enfoncé la chaîne qui ne donnerait la parole qu’aux amis de Le Pen. C’est mal venu de la part d’une station qui ne donne la parole qu’aux amis du Roi de France. Comme disait la grand-mère de mon frère : « Balaye devant ta porte avant de balayer devant celle de ton voisin ! »

 

Si l’inclassable génial « Twin Peaks » de David Lynch n’est qu’une longue analyse freudienne non aboutie - une analyse ne se termine jamais -, il s’agit bien d’un rêve où le rêveur se trouve à l’intérieur de son rêve et construit son parcours à sa manière, hors de toutes règles et de tous tabous, laissant en nous la vision palpable de LA liberté, cette liberté que nous sommes incapable de concevoir tellement nous avons peur, tellement nous sommes lâches. Il suffit de regarder les gens, ceux de la rue, ceux des terrasses de cafés, ceux des supermarchés, ceux des halls de gares, ceux qui vivent dans les écrans télés, pour n’y voir que mannequins de cire, poupées de chiffon, robots robotiques, objets mouvants saccadés aux têtes vides, crânes sans pensées, mécaniques reproductives béatement, stupidement. Alors que toutes les idées devraient se tourner vers l’univers, c’est vers le grain de sable qu’elles se dirigent, grain de sable copié-collé de ses confrères, balloté au gré du vent et disparaissant sans jamais avoir été identifié. S’identifier, c’est se reconnaître, puis se connaître, donc être soi, soit blanc français, soit noir congolais, soit jaune chinois, soit rouge indien. Et surtout pas les quatre à la fois. Le tout ensemble, c’est être rien. Le vivre ensemble, c’est être mort. La solitude serait-elle cette passerelle qui relie le monde d’avant au monde d’après ? Les autres, alors, serait bien ceux rencontrés dans les rêves où nous habitons et qui prennent fin au réveil : la mort.

dimanche 23 mai 2021

le puits au fond du jardin • du noir à la lumière…

 



 

Hier soir, j’ai vu la vieille dame se pencher sur sa jeunesse, la regarder triompher en l’effaçant peu à peu et en la rayant de son monde du paraître triomphant. Christophe Honoré a encore sublimé la relation, le lien avec l’autre, lien pourtant inexistant entre Tosca flétrissante et Tosca lumineuse et espérant. Encore le temps. Deux temps - celui d’avant et celui d’après - en même temps et au même moment. Est-ce l’ancienne qui observe la nouvelle ou la nouvelle qui observe l’ancienne ? Leur accord parfait ne cache-t-il pas un désaccord naturel, l’une n’étant pas elle, elle n’étant pas l’une ? Audrey - mariée à un nabot après avoir été violée par le doppelgänger de Dale Cooper - ne sait plus qui elle est, si elle est, et se demande si elle ne serait pas la petite fille au bout du chemin. Diane, dévoilée 25 ans après, joue elle-même ce double jeu en prenant conscience qu’elle n’est pas elle et qu’elle ne se trouve pas dans le bureau de Gordon Cool, mais à 600 kilomètres dans celui du shérif Frank Truman, prisonnière d’un corps mutilé qui ne peut être le sien et qui attend le sien pour être délivrée.  La représentation de Tosca rejoint celle de Twin Peaks, fictions parfaites des réalités alternatives que nous refusons de voir pour éviter que le traumatisme ambiant atteigne son paroxysme. Nous sommes peu donc pas. Nous ne sommes pas ici, mais là. Nous croyons ce que nous voyons alors que nous sommes aveugles. Le monde serait à refaire, à remodeler, à refaçonner, s’il n’était pas le monde immuable, intouchable, froid et raide comme un bâton de maréchal agonisant. C’est pourquoi il faudrait peut-être songer à chercher son miroir, à le trouver, à s’y regarder, à s’y reconnaître et à le traverser, sans se préoccuper du regard et de l’avis de cette chose innommable que l’on appelle « l’autre ». Et pour accomplir cette métamorphose, accepter avec confiance de pousser la porte du cabinet de Freud, cet endroit ou le noir d’une nuit sans lune se transforme en un horizon de lever de soleil.