Entre Viviers et Grésy, aux abords des frontières suisses et italiennes, un maire lance un appel à candidature pour la fête de la musique de sa ville, comme s’il n’y avait pas assez de gratteurs de guitares et souffleurs en micros au centre et en périphérie, et comme s’il n’y avait pas une école de musique qui, jadis, n’avaient pas loin de 900 élèves et pas loin d’une trentaine de professeurs titulaires à temps plein. J’ignore ce qu’est devenu l’école, sinon que le maire a supprimé son directeur, considérant que les professeurs étaient assez grands pour se diriger eux-mêmes et par eux-mêmes. Et pourtant, il n’est pas à gauche, ni terroriste, ni islamiste, comme les nouveaux maires de la nouvelle France, des gardons tout frétillants derrière leurs grands couteaux. Cette ville a eu son heure de gloire avec les visites régulières de la reine Victoria, Lamartine, la création en langue française de Tristan und isolde du grand et unique Richard Wagner. Aujourd’hui, il n’en reste rien, même pas un coin d’ombre. Une ville morte comme il y en a de partout en macronie, secte visqueuse qui ne finit pas d’en finir. Bref, les nouvelles ne sont pas bonnes. Les vacances continuent de succéder aux vacances. Les routes sont dégagées. Il n’y a plus les sorties de bureau de 17 heures, il n’y a plus de bureau. Il n’y a plus les sorties d’usines de 18 heures, il n’y a plus d’usines. Bof ! les saisons 2026-27 de l’opéra de Lyon, du Deutsche Oper Berlin, de l’Orchestre de chambre de Lausanne, de Janine Jansen, de Yuja Wang, de Barbara Hannigan, viennent de sortir. Webern, Puccini, Mahler, Wagner, Monteverdi ? Je n’ai pas encore choisi.













