J’ai vécu mai 68. J’étais étudiant et j’étais de gauche et j’étais un môme sans matière à l’intérieur de mon crâne vide. Depuis, j’ai connu et pratiqué Hitchcock, le maître de la psychanalyse, j’ai lu et relu « Les Triomphes de la psychanalyse » de Pierre Daco, j’ai écouté et admiré mon professeur d’écriture - musicale - Charles Montaland, j’ai fait l’expérience terrifiante du mariage et des enfants, j’ai eu pour patron, durant 35 ans, trois maires abrutis, et depuis 22 ans je suis dans le couloir de la mort, couloir que les ignorants appellent « retraite », nourri, logé et habillé par les impôts des futures condamnés. À 82 ans bien passés, je ne suis fier que de ma décision d’entreprendre, à 60 ans, une analyse freudienne qui aura enfin posé les jalons que je n’arrivais pas à définir et à conduire ma vie comme me l’a toujours demandé ma nature profonde, mon authenticité. Proche de la mort, je sais enfin qui je suis et je suis enfin capable de nommer les monstres qui m'entourent et d'authentifier les deux ou trois vivants vivants qui, comme moi, vivent dans leur propre monde afin d’échapper aux multiples contaminations indécentes qui détruisent les âmes et les corps des vivants morts et des morts vivants. Freud est mon ange gardien ainsi que celle - deux en une - que je ne nommerai point.



















