À peine de retour de Lucerne, j’ouvre poste et écran pour savoir si le monde s’est embrasé ou s’est résigné à suivre le chemin que Freud à tracé. Rien. Seulement le rien Dion, une inutile sans talent qui déplace les foules comme la stupide bande des Bronzés qui font du ski et souvent pipi. Les cerveaux sont toujours au ras des pâquerettes, pâquerettes que je plains d’avoir à subir une telle proximité, alors que j’arrive du sublime concert de la sublime Yuja Wang qui propulse son public dans la question. Comment peut-elle envoûter si profondément une salle archicomble en égrenant quelques sons sur un morceau de bois sur lequel on a tendu des cordes ? Des pianistes de sa trempe, il y en a quelques-uns, comme Argerich, Kantorov, Buniatishvili, et avant Richter, Rubinstein ou Horowitz, son reflet fidèle en tous points. Et, pourtant, elle a ce plus qui l’efface de l’écran pour faire surgir la puissance inimaginable d’une pensée structurée et infaillible qui dessine, caresse, malaxe et sublime la musique que son regard ne lâche pas un seul instant. Comme Laura, Yuja est unique. Elle est sans aucun doute la seule musicienne à voir et à entendre au moins une fois dans sa vie. Freud et Yuja, Yuja et Freud, bouclent la boucle, et nous retrouvons le rien qui débouche sur le vide.



















