Il semble que soudain, instantanément, sous le coup d’une baguette magique, le peuple de France se réveille. Il semble… Il dormait. Il dormait comme Blanche-Neige, dans l’herbe verte, attendant son prince charmant ou Brunehilde, sur son rocher entouré d’un cercle de feu, attendant le héros qui aura l’audace de franchir les flammes dansantes et menaçantes, pour la délivrer de la malédiction de Wotan, son dieu de père. Et, soudain, ce matin, ce peuple mort vivant depuis plus de deux siècles, à bouger un sourcil à l'arrivée de l’homme en robe blanche, et en un éclair de lucidité, s’est levé devant cette apparition qui l’a fasciné. Le successeur de Pierre - l'homme qui a renié son mentor - était là, sous ses yeux écarquillés, et l’ancien monde a surgi sans crier garde, rappelant les fondamentales qu’il avait bannies définitivement. Conte de fées ? Mirage ! Hallucination ? Ou simple réalité cachée échappée de l’inconscient ? Je ne sais pas. Mais, le spectacle est fascinant à la vue de ces foules délirantes accueillant et acclamant le Sauveur tant attendu après l’échec de Jésus, l'enfant d'une vierge et d'un ange. De Macron, Mélenchon, Le Pen, Trump, Xi Jinping, Poutine et Panot, il ne reste rien. Ils ne soulèvent pas les foules, ils ne parlent pas leur langue, ils n’apportent aucune solution pour passer de vivant-mort à vivant-vivant. Maintenant que le peuple a vu le Sauveur, que va-t-il faire des inutiles qui cheffent de partout ? Sans doute la mort par la corde ou la guillotine et sans jugement, ou retomber dans sa léthargie. Léon XIV aura fracassé la criminelle politique et les culs-terreux qui l’insuffle, et c’est tant mieux. Enfin va-t-on comprendre que l’aspiration de l’homme n’est que l’aile protectrice du héros sauveur magicien, le seul à lui faciliter le désir fondamental et universel du retour à la maison en prenant le chemin inverse qui permet d’aller aux origines en passant par le vagin pour s’installer d’où l’on vient, dans la chaleur du ventre maternel où l’on se sent si bien et où jamais on ne trouvera pareil. Freud l’a très bien décrit. Sade aussi. Vivre, c’est passer de l’inconscient au conscient en retournant dans sa caverne rouge, ce qui implique une longue et douloureuse analyse psychanalytique freudienne qui affirme notre croissance vers l’être mature et recrée le cordon trop vite coupé qui nous laisse pantelant dans les ronces du fossé. Quand, dans le noir d’une forêt terrifiante, Laura aperçoit Dale Cooper qui lui prend la main, elle lui demande où il l’emmène. « Je vous ramène à la maison, chez Sarah, votre mère ! » lui répond-t-il. Ainsi, la boucle est bouclée. Retourner d’où l’on vient est notre destin. Rien d’autre.



















