mardi 18 mai 2021

vu à travers le tube • une nuit sans lune…

Dans l’esprit de Lang - Djack - la fête de la musique, c’était la fête de tous les sons produits par la voix ou par les instruments et par n’importe qui. L’esprit n’a duré qu’un temps, si court qu’il n’est plus dans les mémoires. On - le Roi et le suivant et le suivant et le suivant - a tout réglementé par des lois scélérates et inquisitionnantes et la fête de la musique est devenue la fête des terrasses de café et de restaurants qui ont demandé à leur maire - soucieux de sa réélection - de leur poser un podium sonorisé pour exhiber les groupes coupables de multiples surdités et de violations de notes de musiques et de tonalités. Et puis dans les villes qui en ont la possibilité on fait jouer à son grand orchestre symphonique ou philharmonique les tubes de la musique classique où l’on dort inévitablement, comme le Boléro de Ravel ou la Valse romantique de la belle jeune fille en fleurs qui dort dans le bois en attendant le baiser réveilleur et révélateur de son futur violeur, de Tchaïkovsky. Et celui qui joue du pipeau ou du saxo à sa fenêtre se fait huer par ses voisins. La fête de la musique est la fête du commerce et du fric. Et cette année, elle sera masquée - a dit la vieille pie Bachelot - ce qui est révélateur du mensonge et de la peur de vivre de notre société. Le chemin est bien tracé et tout ce monde de morts-vivants s’y engouffre sans réfléchir - il n’a toujours pas de miroir - et glisse dans les abîmes et passant par le fond du trou noir du puits au fond de mon jardin plongé irrémédiablement dans la nuit noire comme une nuit sans lune.      


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