vendredi 8 avril 2022

le puits au fond du jardin • rigoletto, un massacre à l’opéra de lyon…



 

Comme d’habitude arrivée dans le noir de/dans la salle. Hier soir, je me suis fait accompagner d’un brancardier au cas où je chuterais dans les pièges du plancher et au cas où je me cognerais la tête dans le plafond décalé et non signalé. Évidemment, comme il n’a rien à foutre de l’opéra, j’ai dû lui payer sa place. Une cité HLM pourrie et grand format, peinte à la va-vite sur le rideau de scène, probablement pour avertir que la suite allait sentir la merde. Interminable projection d’un film en noir et blanc censé raconté l’histoire sous un autre angle avec - a dit un critique savant - Victor Hugo en personne et un inceste pour sujet. Je suppose qu’il fallait regarder et écouter le film projeté et l’opéra en même temps, deux sujets totalement différents. Je n’y suis pas arrivé. Je ne suis pas le Roi de France, l’enfant inabouti actuel et pour encore cinq ans qui a la capacité de travailler sur deux sujets en même temps. Un chef, le quatrième depuis la première; qui était hors sujet. Je le comprends. Il n’avait probablement pas envie de diriger selon les indications du chef titulaire qui avait été justement remarqué lors de la première pour ses immenses qualités. Il a laissé faire. Pas un seul « piano ». Pas un seul « pianissimo ». Une grosse fanfare lourde et vulgaire. Quant aux chanteurs : le GÂCHIS. À l’exception du ténor en bout de course, des voix, des grandes voix assez exceptionnelles dont la plus puissante était sans doute celle de Gilda, jeune vierge fragile et sans tempérament. Le contraste entre les cordes vocales et le personnage était saisissant. Brunehilde dans le corps d'une Marguerite encore plus bécasse qu'elle n'est. Le gris bleu sale permanent des lumières, les hommes habillés en femmes et vice-versa, Rigoletto vêtu comme un mendiant à bonnet et surtout sans bosse pour ne pas froisser la susceptibilité des bossus, les machines à sous aux pieds des HLM, tout un monde de va-nu-pieds misérables et sans intérêt. Je me demande si l’orchestre et les voix n’étaient pas sonorisés à l’extrême, parce que j’ai eu très peu de sortir sourd. L’opéra de Lyon - où j’ai vécu dix ans dans la fosse - ne m’avait pas habitué à un tel désastre. Jamais je n’ai autant regretté l’époque des directeurs Paul Camerlo puis Louis Erlo. Ils ne prenaient pas leur public pour des demeurés.   

 

PS : pour les spectateurs de ce spectacle, dois-je rappeler que « Rigoletto » est un opéra de Giuseppe Verdi d’après la pièce « Le Roi s’amuse » de Victor Hugo qui détestait que l’on mette ses ouvrages en musique. Dois-je aussi rappeler que l’opéra se passe à la cour de François 1e et que Rigoletto, un hideux nain bossu, est un vulgaire rabatteur de jeunes vierges pour le glorieux souverain de la France.

 

Tout savoir sur la chose :

https://www.opera-lyon.com/fr/saison-2122/opera/rigoletto


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