Le bateau ivre, balloté par les vents contraires, saute de vague en vague, poussé par les courants. Le capitaine, un échappé d’un centre psychiatrique, regarde la barre tourner à droite, tourner à gauche, au gré des flots, sans même se dire que c’est à lui de la stabiliser. Il laisse le navire se diriger vers les rochers où s’échouent les marins les plus expérimentés. Déjà, l’équipage et les passagers, incapables de réagir, se piquent d’amphétamine pour ne pas voir la réalité qu’est le passage de l’autre côté. C’est quand tout va éclater que les morts vont comprendre qu’ils se sont trompés. Ils auraient dû, il y a bien longtemps, choisir un autre capitaine, un homme fort qui aurait tenu la barre fermement et qui aurait su regarder dans la bonne direction, au loin, vers l’horizon où se lève le soleil, en se jouant des tempêtes et des montres marins, en gardant le cap en toutes circonstances. Il y a peu, tous demandaient sa démission. Tout est oublié. Je les vois tous, dans les rayons de mon Leclerc, se jeter sur les kits de survie, parce qu’un militaire a dit que leurs enfants allaient mourir. La soumission et la croyance sont les deux terreurs de l’humanité. Si j’avais des enfants, je me battrais pour les sauver. Et ce n’est pas en écoutant un militaire soumis à un enfant psychopathe qu'ils le seront. Ne peut sauver un enfant que celui qui s’est sauvé lui-même, que celui qui a frappé à la porte du cabinet de Freud, pour y chercher son miroir, pour le trouver, pour s’y regarder, pour s’y reconnaitre et pour le traverser. Tous les restes ne sont que mirages, que faux-semblants, que tromperies, auquel le monde se laisse prendre en convoquant son propre assassinat. Depuis Adam, le serpent et la pomme, l’homme est toujours le même, un loup affamé qui aime manger l’homme. On a tout essayé. La situation n’a jamais changé. Alors, permettez-moi de croire en la justice de Freud. Celle-là, vous ne l’avez jamais essayée. Et vous ne l’avez pas fait, parce qu’elle vous fait trop peur.

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