mardi 13 janvier 2026

vu à travers le tube • l’accord de tristan…

 

Je me souviens du temps lointain où Georges De Caunes - père d’Antoine - et Léon Zitrone illuminaient l’écran en noir et blanc de l’unique chaine télé. Les questions posées à leurs invités étaient simples, directes, sans arrière-pensée et laissaient le temps à l’interviewé de répondre avec pertinence et authenticité. D’accord ou pas, on comprenait les rouages des pensées de ceux qui prétendaient dire des choses importantes, alors qu’ils se contentaient de décrire leurs angoisses permanentes et les ressentis projetés par leur inconscient. Aujourd’hui, tout interview est un champ de batailles où chaque adversaire pare les coups et où l’invité quitte le plateau sans avoir pu dire qu’il n’avait rien à dire en maudissant le gougeât qui a tenté, et souvent réussi, de mettre son cerveau en arrêt cardiaque. Je pense à la perverse et malhonnête Apoiline de Malherbe, une vraie sorcière de placards à balais et aussi à Pascal Praud qui coupe l’invité dès le premier mot en y ajoutant une insulte. Et les deux Pol Pot sont loin d’être les seuls. Et combien d’entre nous cherche l’information ici, alors qu’elle n’est qu’une vision sectaire d’un monde ubuesque puisque ses deux pieds sortent de ses deux oreilles. L’information nourricière, je la trouve en plongeant dans le regard de Claudio Abbado organisant les symphonies de Mahler, ou en m’imprégnant de l’incroyable et unique Yuja Wang qui par l’expression de son visage et le toucher magique de ses doigts sur le blanc et le noir des touches de son piano, est capable de briser toutes les glaces dont regorgent les pôles. Voyager sur les vagues émotionnelles que propulsent les pensées universelles qui nous isolent des pantins robots incapables d’accéder à la vie, c’est peut-être ça la seule raison de vivre. Le bonheur de l’accord tonal qui échappe aux lois de la tonalité en s’y inscrivant pleinement.

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