lundi 13 avril 2026

vu à travers le tube • crépuscule…

 La défaite d’Orban, c’est le renforcement de l’Europe totalitaire. Une fois encore, ainsi l’aura voulu le peuple, une fois encore, ainsi le peuple de trompe. Mais ce n’est que son problème, sans solutions. Moi, je regarde encore ce qu’encore je vois, l’ignominie de l’homme broyé par les rouages de l’ignorance. En France, il n’y a plus d’école, mais des rings de boxe où l’on se frappe et où l’on se poignarde. On y apprend plus l’histoire et la géographie, le participa présent et les angles morts des cercles infinis, ni le dessin et la dissection de la grenouille. On y apprend l’idéologie qui est la forme de pensée qui invente l’invisibilité. Qui écoute encore le Saint-Saëns de Janine Jansen ou le Rachmaninov de Yuja Wang, la vision pénétrante qui hisse vers la connaissance ? L’homme, c’est la connaissance qui est opposée à l’abrutissement des copier-coller. Hier soir, alors que grondait le tonnerre, je me demandais combien d’heures, dans l’année, l’homme pouvait bien travailler. Si peu, que je ne suis pas arrivé à compter. Entre les vendredis après-midi, les samedis, les dimanches, les lundis de, les ponts multiples, les vacances de Pâques, de Noël, de la Pentecôte, d’été, les fêtes du travail, les victoires et défaites des guerres passées, les congés de maladie, les congés exceptionnels, les moments d’école buissonnière, mon agenda est déjà tout rempli. Et ça se chamaille pour le 1e mai, la fête du Travail ou des Travailleurs pour certain. Il n’y a plus de travail et plus de travailleurs. Il y a des intelligences artificielles qui remplacent celles que l’homme n’a jamais acquises, et des robots qui font tout ce qu’on leur demande et même ce qu’on ne leur demande pas. L’homme était ignorant et invisible. Aujourd’hui, il est inutile. Je vous renvoie au trois Nornes, les filles d’Erda, qui tirent le fil de la vie jusqu’à ce qui se rompt. Écoutez bien ce qu’elles nous disent. C’est au lever du rideau du crépuscule des dieux et des hommes que ça se passe. Presque après, le rideau se baisse, pour toujours.  

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