mercredi 15 juillet 2026

vu à travers le tube • jeanne et didier…

La météo annonce les orages pour 15 heures dans ma région située entre le désert d’Albuquerque et le lac Baïkal. C’est pourquoi j’ai été surpris ce matin, en voyant de ma fenêtre, le boulevard Goueldi et la place Azise noyés sous les eaux qui s’écoulaient vers l’océan, sous un ciel bleu jasmin vierge de tous nuages. La météo en désaccord avec les réalités étant choses impensables, j’ai vite traversé le couloir - 1m76 - pour frapper à la porte de ma voisine de palier qui est à elle seule, plus que deux intelligences artificielles. « Mon pauvre monsieur Gallien, m’a-t-elle dit, ce que vous voyez n’est pas de l’eau de pluie, mais l’addition des milliards de millions de larmes que la population a déversé toute la nuit, après l’apparition inopinée de l’impensable, impensable qui va bouleverser dangereusement toutes les vies encore en vie. Le choc est irréparable et même le grand et tout-puissant Freud ne sera d’aucun secours. Savez-vous que Papé s’est sauvé devant le ballon et que l’Espagne du majestueux Charles-Quint a terrorisé les douze marmots français grenouillants qui voulaient devenir aussi gros qu’un gros éléphant. Ils ont poussé, poussé, et poussé si fort qu’ils ont éclaté et se sont volatilisés dans le noir du fond de votre puits au fond de votre jardin. » J’ignorais tout ça, moi qui me suis endormi en écoutant la mort de Violetta. Dès que l’eau se sera écoulée et que les rues seront sèches, je m’empresserai de courir chez mon Leclerc pour prendre mon calé, en espérant qu’il soit ouvert et que la serveuse de service ne se soit pas suicidée. Moi je vais bien, merci, d’autant que j’adore le drame de cette nuit. Ils sont forts ces anglais. Après avoir brûlé notre Jeanne, ils réduisent notre Didier à néant.
    

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