Depuis plus d’une décennie je ne lis aucun quotidien, tous gangrénés par un parti politique inévitablement crasseux, j’ai envoyé au diable le pervers et désaxé Télérama et je me suis séparé des Cahiers du Cinéma depuis le changement d’équipe, ce qui est sans importance puisqu’il n’y a plus de cinéma. Il me reste Diapason dont pas un seul numéro manque à l’appel depuis mars 1958, 68 ans déjà. Je m’informe sur la page Google Actualités, sur les réseaux sociaux dont X est le champion, en écoutant Europe 1 et en regardant Cnews. De ces sources, je fais un tri et je me construis l’information à mon image, selon mon ressenti. Et je suis sûr - absolument - de penser et d'écrire la seule vérité, la seule vérité qui est la mienne, la seule qui m’a conduit là où je suis à 82 ans passé. Personne n’est obligé de me suivre. D’ailleurs, je suis peu suivi. Et c’est tant mieux. Je me plais à penser ma pensée et je me plais à lire mes écrits. Je m’inspire. Je m’inspire de Freud, d’Abbado, de Lynch, de Molière, de Gilligan, de Mozart, d’Hitchcock, de Tristan, de Barenboïm, de Werther, de Wang, de Dantès, de Falstaff, d’Hugo, de Mimi, et de tous les contraires de leurs contraires, PBLVEPB, que je fréquente assidument depuis 12, 13 ou 14 ans. Et si je devais en garder un seul, ce ne pourrait être que Freud, le seul génie qui a compris les rouages de l’homme crétin et impuissant, par veulerie et lâcheté, ses marques de fabrique.
Je pars chez mon Leclerc prendre mon café. Je n’irai pas saluer ma voisine de palier. Elle pleure depuis hier. Un voyou de 12 ans, sans parents - ces choses n’existent plus - à tuer son chat pour épater ses copains. Les parents qu’il n’a pas, ne sont pas toujours en prison.

