Deux jours à Paris. Voyage express pour raisons personnelles. Je ne vous dirai donc pas pourquoi. J’ai pris un INOUI pour aller. J’ai pris un INOUI pour revenir. Je n’ai toujours pas compris le rapport entre cette appellation inouïe et ce train qui a roulé à 300 km/h, nous a dit le conducteur, par haut-parleur, aussi fier que la grenouille qui s’est faite aussi grosse que le bœuf. J’ai dormi dans la chambre occupée par Sigmund Freud et aussi par Victor Hugo. Et puis, hors des vases clos, j’ai vu l’horreur : des ex-humains en phases terminales tentant de passer d’une berge-trottoir à l’autre, attendant le feu vert fixé au rouge, laissant passer des tsunamis de véhicules en tous genres, collés les uns contre les autres, des matinées, des après-midis, des soirées et des nuits durant. Pauvres gens ! Il faut vraiment être démuni pour habiter Paris. Et, puis, j’allais oublier le pompon, j’ai pris mon repas du soir dans un restaurant. Où j’habite, il n’y a que des banques, des coiffeurs, des assurances pour vitrine. Ici, il n’y a que des bistrots et des restaurants. Pour le soir, j’en ai donc choisi un sympa en apparence. Et voilà qu’à peine assis, un hurlement m’a saisi d’effroi. Derrière moi se tenait Céline Dion, une hurleuse comme Piaf. Et j'ai dû la subir toute la soirée. Je suis ressorti hagard et complètement sonné. Mais, je crois que c’était une fausse Dion. Celle-ci était brune, chaussée de talons-échasses et avait un accent parigot. Pourtant, elle chantait aussi faux, minaudait autant et hurlait tous ses aigus au point d’en faire vaciller Notre-Dame, qui n’était pas très loin. C'était Dion et pourtant ce n’était pas elle. Probablement d’une pierre deux coups.

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