Justine se
rapproche du portillon, sort le ticket de son sac et devant la poussée de
son ventre écarte vivement pour libérer l'accès. C'était gagné d'avance. Elle l'avait
déjà réussi avant-hier. La poubelle du couloir gémit sous le poids des corps
mutilés.
Dans ma nouvelle putain de
vie, je me pose la question : « Dois-je prendre mon mal en
patience - moi qui ai 77 ans - et entrer dans le club surpeuplé des gens biens
gentils et bien obéissants qui survivent alors qu’ils sont morts où dois-je
utiliser mes dernières forces pour endosser le spectre de Wotan et terrasser
tout ce monde d’esclaves pétrifiés devant les lois liberticides qu’ils
ingurgitent sans se poser la moindre question et clouer au pilori tous les gens
de pouvoir qui auront au fil des siècles détruit toutes les vies par leurs mots
et leurs actes tirés des fosses à purin ? » Voilà donc la question
qui doit trouver sa réponse. C’’est sa fonction.
Selon le dernier sondage
HIPOP - 14 136 876 personnes interrogées - le mot LiBERTE est le mot le moins
employé dans les discours et conversations : 1 fois toutes les 6444
heures. Aussi, l’Académie Française songe à le supprimer de son dictionnaire.
C’est loin d’être fait. Elle en est encore à la lettre A. Plus précisément
AAA.
Sans surprise, Sandrine serait-elle
de toutes les mémoires, teintes vives et demi-tons, lame après lame, comme la
part lunaire du jour sur une crête ? Dans son recul son œil englobe son
long monologue comme un grand calme qui contient la tempête attachée au
chagrin. Je l’ai arrachée de fureur et d’élan, mordre, mordue, les mains
jusqu’au sang.
Le confinement sera très
serré. Comme le café. Le verbiage politique est toujours politique parce qu’à
double sens, sans sens, non-sens. Pourquoi pré-annoncer cette nouvelle atteinte
à nos libertés sans en donner le contenu précis ? Pourquoi distiller par
petites touches toutes ces lois liberticides qui font de nous des moins que
rien ? Maintenant que nous sommes réduits à de simples poupées mécaniques,
les maîtres du monde peuvent s’en donner à cœur joie en attendant le réveil de
Chucky. Alors l’heure de la vengeance sonnera et les tout-puissants seront
balayés et châtiés comme cela aurait dû l’être depuis des siècles et des siècles.
S’il est temps d’agir, le temps de la pensée doit venir et dominer. Ici on
massacre un adolescent, ici on dénonce un innocent, ici on jette une vieille
femme à la rue, ici on pervertit un bébé, ici on s’agenouille devant un Roi
enfant après s’être agenouillé devant un Dieu inventé de toutes pièces. La
folie du monde est à son apogée. Cessons de regarder devant. Regardons à l’intérieur.
Regardons notre propre putréfaction et posons-nous des questions. C’est chaque
homme, chaque femme, chaque enfant, qu’il faut refaçonner pour leur redonner leur
identité originelle. Et après nous verrons bien. Cette victoire sera déjà
sans pareil.
Les cendres pleuvaient dans l’herbe
verte entre les pieds de Jennifer, blonde et brune étirée moi à moi, musique noire
du temps échu, mélangée à ma cendre fondue.
Le rôle du médecin n’est-il pas de soigner, dans la mesure de ses connaissances,
celui qui le sollicite et le rémunère ? Le rôle du médecin - en ces temps
où un virus tue cent-mille fois plus - paraît-il - que les guerres de Napoléon,
ce corse criminel - n’est-il pas d’être au chevet de ses agonisants ? À l’heure
qu’il est - et depuis presque onze mois -, les cabinets médicaux sont désertés,
vides désespérément et beaucoup sont remplis de cadavre qui attendent. Les
médecins ont déménagé et se sont installés dans les studios radios et sur les
plateaux télés pour répondre aux non-questions et débiter des montagnes d’âneries
pour soumettre les peuples à leur doctrine tyrannique : « Recroqueville-toi
dans ta prison noire intemporelle, éloigne-toi de tout être vivant, soit bien
sage et bien obéissant et cesse de vivre. » Et ça marche ! Et le recul
soudain du Roi de France va être terrible. Les cages du Moyen-Âge vont être ré-ouverte
sans désinfection et sans coups de balai et nous allons tous crever avec les
rats d’égouts. Jamais je n’aurais pensé vivre un pareil scandale approuvé par
une majorité de morts-vivants décérébrés.
Je suis consterné. Je suis consterné par le pouvoir. Je suis consterné par
l’opposition. Je suis consterné par le journalisme. Je suis consterné par la
médecine. Je suis consterné par la non-réaction des peuples devant l’invasion
des moralisateurs. Je suis consterné par l’extinction de la pensée. Vivre, c’est
sans cesse remettre en cause et réaliser ses rêves les plus insensés. Vivre, c’est
risquer sa vie pour la sublimer. S’endormir au coin du feu dans les bras du Roi
et de son médecin de service, c’est simplement mourir en laissant le champ libre
à la tyrannie du moment. Je suis consterné.
Louise,
fille-poète, rit aux outres pleines des cadavres qui sécrètent la meute des
morts-vivants qui ont envahis les déserts où rampaient ceux d’avant.
C’est l’affolement général dans les hautes sphères de l’Olympe où les Dieux
fêlés, fracassés, agonisants et rongés par la perversité, ne savent plus quels
mots employer pour cacher leur ignorance et leur piètre personnalité. La prison
pour tous - saufs les majorités d’exceptions - avec les gros rats noirs aux
yeux rouges bien méchants qui rongent les doigts de pieds et autres attributs,
prison appelée savamment « confinement » était actée et l’annonce en
était réservée au patron, au chef, au Roi de France qui en enfant immature et gâté
a piqué sa crise de colère quand il a vu que d’autres, avant lui, l’avait
annoncée. Il a donc décidé de na pas parler à la télé et d’inventer un suspense
illusoire. Quelle que soit la forme de cet état de non-droit, les portes de la
prison se refermeront prochainement sur les innocents. Et s’il a vociféré si
bruyamment, c’est que Pasteur l’a abandonné, c’est que les vaccins de tous
bords et de toutes conditions commencent à livrer leur inefficacité et leur
dangerosité, c’est que les ---ogues et …istes se contredisent à bout de champs,
c’est que dans certains pays voisins les peuples se révoltent et demande la tête
de leur Roi, sous l’échafaud ou dans le rond de la corde. Mais, copains-copains
du Roi, ne vous affolez pas ! La bête est intelligente et sait manœuvrer les
foules. Il sera réélu sans problème avec ses 17 ou 18% de voix et Le Pen ne
gagnera pas. Il l’enterrera en un seul mot au débat télévisé de la finale.
Et le nouveau Roi succèdera à l’ancien ou l’ancien se projettera dans le nouveau
ce qui revient au même puisqu’ils sont un en deux. Et moi, je n’y serai pour
rien. Je ne vote pas dans ce monde de taré qui désigne son bourreau.
Sylvaine
voudrait parler de son sourire caché par un doigt qui glisse sur ses lèvres, là,
sur la photographie rêvée, voulue, rendue, même ici n'en doutez pas.
Derrière ma maison il y a un jardin.
Au fond du jardin il y a un puits, mon puits, un puits dix mille fois
centenaire qui aura été de toutes les guerres et de toutes les intrusions des
Rois et Reines qui ont jonché le pays et l’ont saigné à vif pour encore mieux
régner. Quand je me penche sur mon puits je vois les eaux nauséabondes qui
nourrissent les cadavres abandonnés par les massacres perpétuels entretenus par
les politiques, les religieux et les vendus, et les pourris qui entretiennent
les luttes et les inégalités pour mieux se servir et mieux asservir. Du temps
jadis à aujourd’hui, mon puits renvoie toujours la même image, celle des soumis
qui ne peuvent évoluer sous le joug des pouvoirs. Je parle à mon puits. Mon
puits me parle. Son discours est court et bref. Il consiste en la question : « Pourquoi
l’homme refuse-t-il encore et encore d’être lui-même ? » « C’est
parce qu’il est ignorant et qu’il croit tout ce qu’on lui dit. »
réponds-je chaque fois à mon ami. Lui et moi nous sommes consternés. Moi je
vais mourir mais lui… il en a encore pour une éternité à recevoir dans son fond
tous les malheurs du monde que la race des pouvoirs entretien pour poursuivre
sa domination.