Les musiques de films sorties de leurs films, c’est nu, c’est squelettique, c’est agaçant, c’est ennuyeux, bref, c’est chiant. C’est pourtant ce que Renaud Capuçon - un célèbre homme d’affaires en musique classique - a proposé, hier soir, à la télé, à Orange, au théâtre antique, au milieu des pierres somnolentes depuis des siècles. Renaud est aussi violoniste - excellent - et comme il touche à tout, il devrait un peu réfléchir et sérier. J’ai regardé et écouté. Tassé, le cou enfoncé dans le torse, les yeux rivés sur la partition, il ne m’a pas vraiment fait vibrer. Ces musiques, souvent très belles quand elles soulignent les émotions des images, ici, dans la froideur des musiciens sans expression, imitant sans doute Capuçon, la monotonie a envahi l’immense scène du théâtre et très vite j’ai rejoint mon lit pour mon dodo quotidien. Comment ce musicien hors pair peut-il croire que la musique classique doit-être vulgarisée ? Tout ce qui est vulgarisé est vulgaire. La musique de films est indissociable de son film et doit être laissée aux salles de cinéma. Et le répertoire violonistique est suffisamment vaste pour remplir une soirée. Beethoven et Tchaïkovski auraient redonné sa grandeur à la musique authentique des vrais compositeurs et auraient magnifié le talent de Renaud Capuçon, même si je préfère de loin les sons magiques de Janine Jansen ou de Hilary Hahn.

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