EasyJet en grève et les naïfs qui pensent être remboursés, auraient pu faire le sujet d’un magnifique film sur les victimes toujours et régulièrement pénalisées, qu’Hitchcock ou Lynch auraient appelé « Bienvenue chez les gogos ». Depuis des années, nous sommes des fidèles d'EasyJet pour aller au Deutsche Oper à Berlin. Notre dernier voyage sera le dernier avec cette compagnie. Le 1ᵉʳ janvier, le vol retour Berlin-Genève a été annulé une heure avant son départ, sans aucune explication, EasyJet ayant, au bout de trois minutes d’échanges houleux avec les passagers lésés, fermé le guichet en laissant ses usagers penauds, sur le carreau. Résultat : taxi pour le retour à l’hôtel et douze heures de train le lendemain, avec quatre changements entre Berlin et Genève où notre voiture nous attendait. Arrive le remboursement et là, c’est kafkaïen : quinze jours pour comprendre et tenter de remplir les différents formulaires et d’y ajouter les pièces jointes, pour recevoir un mail trois semaines plus tard nous informant que l’avion ne pouvait décoller en raison de la neige et que la compagnie n’était pas responsable des intempéries, alors qu’il n’y avait pas le moindre flocon de neige dans un rayon de cinquante ou cent kilomètres. Pour preuve, nous étions sur place, à Berlin ! Il aurait fallu prendre un avocat, un bon, tel Goldnadel, mais voilà, comme la cigale, nous n’avons pas assez économisé.

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