On me dit que demain, des militaires de l’opération Sentinelle seront déployés dans les ruelles du petit village d’Aix-les-Bains, village où il ne se passe jamais rien, le plus jeune des habitants ayant 77 ans. Je connais bien ces lieux où j’ai vécu un calvaire bien pire que dans les geôles de Kim Jong-un. J’y suis resté 35 ans sous les ordres de trois maires successifs qui se fichaient totalement de l’établissement qu’ils m’avaient demandé de diriger, qui préféraient la Marseillaise de la farfouille à Mozart et Debussy et qui méprisaient les nombreuses actions que j’ai pu mener, à la barbe de leur nez en les mettant, chaque fois, devant le fait accompli. Mais, bien pire, durant cette période j’ai vécu 18 ans l’enfer du mariage et des enfants dont le mâle est tout le portrait de sa mère, qui aujourd’hui, le paye très cher. J’ai quitté cette vie et je me suis exilé dans un bunker en compagnie d’une flûte à bec et basse rebelle, de quelques accords en quintes successives que je couche sur du papier musique avec mon stylo à plume et à encre pour fournir le répertoire d’un trio de circonstance. Et, je vais écouter Wang à Lucerne où Siegfried à Berlin. Heureusement, j’ai gardé une immense amitié pour Sigmund Freud qui continue toujours à parfaire ma connaissance de l’hideuse espèce humaine, comme l’avait fait, il y a des siècles, mon professeur d’écriture musicale, Charles Montaland : une pensée débordante qui savait transmettre le savoir et la sagesse.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire