jeudi 15 octobre 2026

vu à travers le tube • perversion…

  

Ce matin, j’ai dans ma tête une image, une image qui me poursuit et dont je ne peux me défaire, tant elle ravive la vie purulente et destructrice que proposent les caricatures infernales de la Démocratie, quand on la met dans les mains de la crasse des crasses humaines. Je vois l’enfant vêtu d’une tunique de lys, sceptre royal à la main, le cul sur le trône de France, mémé à ses côtés, regarder avec un sourire amusé, ses jouets de paille encagés dans le paquebot « France », s’enfoncer lentement dans l’océan, entouré de balistes gris, de requins-bouledogue, de poissons-pierre, qui font la danse du ventre en sautant de joie dans l’attente de savourer leurs proies et célébrer enfin, la fin de la fin de la race des humains qui jamais n’auront trouvé le chemin pour devenir humains.

 

Et, pendant que j’écris ce tube, une autre image se superpose, confond les contours, altère les couleurs de ce deux en un. Celle-ci est plus ancienne et dessine le bonheur de mes études où j’ai appris le monde des héros, le danger de la fausse relation de triton et l’écriture magique de Berg, à l’opéra de Lyon, dans la fosse d’orchestre, sous la direction de Richard Kraus, et aussi la magie du noir et blanc chez Bergman ou Buñuel et les secrets de la psychanalyse avec les mythiques blondes hitchcockiennes. Puis j’ai eu 25 ans et tout s’est arrêté. Je suis entré en guerre avec une succession de trois maires abrutis et bien pire, je me suis marié, triste perversion. Ce n’est que des décennies plus tard, qu’une âme salvatrice est venue me chercher, au moment même où l’on mettait mon cadavre sous terre…

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