Dans leurs diligences à quatre ou huit chevaux, sous les règnes des Louis, les voyageurs étaient mieux assis que dans les container ailés d’Easy Jet et arrivaient, après quelques jours de cahotages, presque aussi frais qu’un pot de yaourt avarié, mais plus en forme que ceux qui, comme moi, ont été empilés et attachés dans les tubes métalliques de la compagnie, et qui doivent ajouter à leurs courbatures, les kilomètres de couloirs, les queues interminables aux guichets et aux portes A, B, K, P, auxquels je s'ajoutent les trajets en taxis avec des chauffeurs qui ne comprennent pas un mot de français. D’ailleurs, dans ce pays, personne ne comprend le français qui est pourtant la seule langue officielle, celle de Molière et de Rimbaud. Et quand, je ne sais qui, décide de supprimer le vol juste avant qu’il ne décolle, les cent cinquante passagers – ou plus, ou moins - se trouvent cocus devant comme derrière, et aucune solution n’étant apportée à l’immobilité forcée pour une durée indéterminée, les crises de nerfs fusent dans l’espace devant un personnel indifférent qui laisse le client se démerder, seul, sans aide, condamné à pleurer sur un banc trois ou quatre jours, sans boire ni manger, ni dormir, avant qu’une instance daigne lui donner l’espoir de renter un jour chez lui. Si le monde, ne connait que des catastrophes, j’ai vécu celle de l’aéroport de Berlin. Je suis le seul à avoir eu la chance de pouvoir rentrer chez moi, grâce à une amie qui m’a guidé à distance en me prenant mes billets pour quatre trains différents. Je suis reparti le lendemain, ce qui m’a valu deux taxis, un restaurant et un hôtel en supplément, plus quatre billets de train plus cher qu’un aller-retour sur la lune. J’ai traversé toute l’Allemagne dans des omnibus qui ont suivis le Rhin par le chemin de Siegfried quand il a rejoint la résidence des Gibichungen, au milieu des vastes plaines enneigées où je n’ai vu que misère et désolation pendant treize heures, durant. Et la suite du voyage s’est faite en voiture dans la nuit noire sur des routes verglacées Et quand, j’ai retrouvé mon lit, au petit matin, les plaintes et les pleurent de mes amis restés devant le personnel indifférent, ont résonné à mes oreilles comme les douze dernières mesures de la mort de Tristan. J’étais pourtant content, avant. J’avais vu et entendu La Chauve-Souris de Strauss au Deutsche Oper, dans une très honnête interprétation et dans la mise en scène du fougueux désordre Rolando Villazon qui a surjoué la scène tournante et la confusion des sexes si chères à nos nouvelles générations, en inscrivant dans l’histoire de cette vengeance, le retour à la maison si prisé par David Lynch, la toute fin au tout début, soit le retour sur le rêve rêvé que personne n’a jamais vécu. C’est toujours vraiment bien de savoir qu’on n’a ni vu ni entendu ce qu’on a vu et entendu. N’est-pas le principe même de l’homme qui croit qu’il est alors qu’il n’est pas ? Avoir pris le chemin de Siegfried avec son heaume magique et son épée invincible pour retourner à ma maison, est peut-être aussi un signe. Étais-je vraiment là-bas dans le chaos de ces journées chaotiques ? Devant mon ordi, je n’arrive même plus à croire à ce récit écrit dans un autre temps.
PS : on m’a dit que Trump avait enlevé le tyran Maduro. Enfin un Homme qui agit et qui débarrasse la terre des gauches pourries. Je l’attends avec impatience à Paris. Il y a ici, un couple maudit, un enfant psychopathe et sa mère épousée qui tyrannise le pays. Bravo Donald !













